Dis moi comment tu écris, je te dirai qui tu es… 9


L’autre jour, lors d’une discussion avec un grand monsieur*, nous en venons à parler écriture. Et voilà qu’il me demande.

« A l’occasion ça m’amuserait de savoir comment tu t’y prends pour écrire… »

Et bien oui, tiens, comment je m’y prends… je n’en sais trop rien. Je suis une « brouillonne » je crois.

Mais l’interrogation est bonne, voilà donc que je me mets à réfléchir à la question.

Alors déjà, je n’écris pas beaucoup, à part ici.

Mais même là, mon rythme de publication a tout d’une tortue. Mon lièvre intérieur procrastine toujours dès qu’il faut s’attaquer à une « page » blanche.

Il m’est arrivé quelques fois d’écrire ailleurs, des textes, style « nouvelles », mais rien de plus.

Je vais rassembler mes idées et tenter de vous expliquer en dix points, ma façon anarchique de procéder.

ecrit

Préambule : avant d’écrire, je réfléchis… 😉 

1. J’utilise très rarement le papier. Là, par exemple, je suis en train de poser mes mots directement dans la fenêtre « nouvel article » du « backoffice » de wordpress (en ligne). J’ai tout de même un carnet qui me suit de partout (dans mon sac à main) au cas où une idée me traverse l’esprit. Il me sert également à noter des situations cocasses ou des phrases entendues ça et là. Les gens sont une source merveilleuse d’inspiration.

2. Pour les sujets, je les prends dans le quotidien en règle général, surtout pour le blog. En ce qui concerne les récits genre « nouvelles », je suis assez mauvaise pour inventer de A à Z une histoire. J’ai besoin de références, de repères. L’idée de base est souvent vue ou (presque) vécue. Ensuite, je « brode » autour et pars dans la fiction petit à petit.

3. Je pose mes idées en vrac sous forme de phrases simples. Je note très rapidement tout ce que je veux dire, de peur d’en oublier. Je suis un peu « barge » là dessus. Dans un premier temps mon article ressemble vraiment à un joyeux bordel.

4. Si une tournure rigolote ou sympathique me vient, je la tape de suite car très souvent elle s’échappe avant que je ne m’en souvienne. La Crevette, ne l’oublions pas, est la cousine du poisson rouge.

5. J’essaie ensuite de lier mes bouts de phrases pour les « ranger », créer une chronologie de faits ou encore donner une trame à mon histoire.

6. Lors de mes incessants copier/coller engendrés par les points précédents, les phrases se construisent petit à petit. Je rajoute des expressions, des adverbes, adjectifs pour mettre l’accent sur telle ou telle chose.

7. Je ponctue beaucoup. Il m’arrive souvent de raccourcir certaines phrases pour alléger le billet, le texte. J’insère des virgules et beaucoup trop de points de suspension…

8. Je relis, une, deux, quinze, trente fois… corrige les fautes, en laisse quelques unes, râle quand je les retrouve des semaines plus tard…

9. Je viens rajouter des mots, des paragraphes parfois… souvent. Parce que j’ai oublié un truc important ou qu’une nouvelle idée arrive de façon impromptue.

10. Je relis de nouveau pour encore « ranger » voir si le texte est « incohérent », compréhensible. Ce qui n’est pas toujours le cas.

Et je clique sur « publier » ou « envoyer »… et je me dis que zut, j’aurais mieux fait d’écrire ça autrement, d’insister sur ça au lieu de ceci… de mettre moins de points de suspension… d’attendre encore un peu pour peaufiner…

… et puis qu’après tout ce n’est peut être pas si mal.

mots

Il y a tellement de façon d’écrire… dis moi la tienne et je te dirai qui tu es…

* Ce grand monsieur n’est autre que « Charles » du blog Voilà Papa


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9 commentaires sur “Dis moi comment tu écris, je te dirai qui tu es…

  • Angélique

    Très intéressant ce billet! Moi je remercie tous les jours d’avoir one note sur mon téléphone, j’y note des idées, des bouts de phrases, des expressions, un peu comme toi avec ton carnet. 😉 Par contre moi je suis très attachée au papier. Une feuille et un stylo, et l’inspiration vient toute seule. Mais tout réécrire sur l’ordi prend beaucoup de temps, alors je m’efforce d’écrire directement sur l’ordi. Le temps me manque tellement! Il y quoi de plus lent qu’une tortue car niveau rythme de publication sur mon blog c’est lamentable. Par contre comme toi, je lis, relis et rerelis, et rererelis… Enfin, tu as compris je relis beaucoup. Mais comme je dis toujours, il y a certaines fautes, elles sont tellement énormes, que tu auras beau les lire 50 fois, tu ne les verras pas. Ça me rappelle une nouvelle publiée sur le blog, une faute énorme, dans le titre en plus, j’ai écrit Une café, et puis… Au lieu de Un café, j’en étais malade quand je m’en suis rendue compte! Ah et on a un point commun, j’utilise beaucoup les points de suspension, beaucoup trop d’ailleurs… 😉

  • Adeline w

    Le fameux petit carnet, dont je ne me dépare jamais !!! Ce coquin fait beaucoup d’adeptes… J’ai également toujours peur d’oublier un p’tit quelque chose, une phrase surtout quand je la trouve bien tournée !

    Il est vrai que les gens sont une source d’inspiration inépuisables, d’ailleurs les comiques utilisent de nombreuses situations tout comme un auteur qui avait écrit dans un bar (un roman complet sur le quotidien et les actions des personnes qu’il pouvait voir).

    Pour quelqu’un qui se dit anarchique, je t’assure que tu suis un raisonnement, avec un vrai déroulé, un méthode de réflexion concrète, bref, « sacrée méthodologie » !
    Quant aux doutes, c’est inévitable, mais tu as tort, tu as un talent certain !

  • Voilapapa

    C’est passionnant !!

    Ah les points de suspension, tellement difficile de les laisser… en suspens !!

    De mon côté, je procède de manière légèrement différente.
    Comme toi, j’utilise peu le papier. Mais je n’ai recours à l’ordinateur qu’au tout dernier instant, au moment de rédiger.
    Toutes les étapes préalables se passent dans ma petite tête. Je ne couche pas mes idées sur papier ni sur ordi. J’ai trop peur de les fixer ainsi à tout jamais et ne plus réussir à les rendre malléables, leur donner vie. Apparemment, tu n’est pas confrontée à ce problème, plutôt chouette !

    1. Tout part d’une idée assez abstraite que je veux partager. Par exemple, la peur de mes enfants. C’était le cas pour ce billet : https://voilapapa.wordpress.com/2015/06/28/plus-terrifiant-que-jurassic-world/

    2. Comme il s’agit d’un concept, je cherche un détail pour l’illustrer. Juste un détail, quelque chose d’unique et concret. Par exemple : l’aspirateur. De peur de tout complexifier, je me refuse à tout autre point d’entrée. Tout doit tourner autour de cet élément concret.

    3. Ma petite tête travaille sans que je m’en rende compte. L’association peur / aspirateur m’emmène partout, dans toutes les directions.

    4. Je laisse mon esprit voguer. Lorsqu’une idée me semble accrocheuse, je me la répète intérieurement mais je ne l’écris jamais. Une fois plusieurs idées en tête, je me dis que si l’une d’entre elles disparaît le lendemain au réveil, c’est qu’elle n’avait pas tout à fait sa place.

    5. Je réfléchis à 3 points d’enchaînement : l’ouverture, que je veux la plus fracassante possible, un élément central qui provoque un basculement et la chute.

    6. Tant que je ne le sens pas, que j’ai le sentiment qu’il reste quelque chose d’artificiel, je n’écris pas.

    7. Quand je sens que tout a pris place dans mon esprit, je suis prêt à passer à l’étape suivante, l’écriture. Selon moi, le rythme de l’écriture est primordial : je cherche à éliminer tous les obstacles en amont dans ma petite tête.

    8. J’écris de la première à la dernière ligne et ne m’arrête surtout pas. Je ne veux surtout pas perdre le rythme.

    Les 7 premières étapes peuvent prendre 2 jours ou 2 semaines, la 8e est rapide, 30 min environ.

    9. Si le résultat ne me plaît pas, j’efface tout.

    10. Quand le résultat me plaît, je publie… et prie pour qu’il plaise aux autres !!

    • Crevette d'ODouce Auteur du billet

      ahah passionnant je ne sais pas, mais j’ai au moins répondu à ta question.
      J’aimerais tellement que les mots arrivent à défiler de façon fluide sous les cliquetis du clavier. Mais je n’y arrive pas alors, je travaille et retravaille tout en permanence.
      Merci de ta réponse complète et détaillée.
      Je n’aimerais pas habiter dans ta tête 😉 mais ton talent réside dedans.

      • Voilapapa

        Mais attends, je fais justement tout ça pour que les cliquetis du clavier s’enchaînent sans accroc. C’est la seule méthode que j’ai trouvée pour y parvenir !!

        Ah ah tu peux essayer mais en effet, c’est un peu le chaos là-dedans !

        Merci pour le « talent », pas sûr que ce soit mérité mais c’est gentil 😉

  • Dorothée

    J’adore la papeterie, vraiment, s’en est maladif… J’achètes des cahiers, des stylos, des feutres…
    Mais bizarrement quand j’écris sur le blog, c’est d’un seul trait directement sur l’écran!
    Je n’écrie pas beaucoup non plus, (pas très bien, non plus) mais quand je le fais, c’est qu’une idée a surgit dans mon esprit, et je le soulage de suite. Je couche tout ça sur l’écran, je vérifie la présentation et l’orthographe (et moi aussi j’en laisse passer!) et hop je clique sur envoyer…
    Je ne suis pas toujours satisfaite, mais je suis comme ça…

    En tout cas la procrastination te réussi, ne change rien 🙂

    • Crevette d'ODouce Auteur du billet

      Comme je te comprends, ils font des trucs magnifiques en papeterie. Souvent je craque, mais ça reste au fond d’un tiroir. Alors j’apprends à être raisonnable… j’aimerais bien arriver à écrire d’une traite mais j’ai pas encore le truc.
      Par contre je trouve que tu as bien raison d’écrire dès que ça vient parce que souvent si on attend, le texte ne voit jamais le jour.
      Des bisous doux voisine – coadministreuse – blogueuse – siffleuse de mojito 🙂