J’ai testé pour vous : la guigne 18


SAMEDI…

Le week-end avait pourtant bien commencé. Le soleil laissait poindre quelques rayons et l’eau de la piscine était chaude n’était pas trop froide. Après cinq descentes de toboggan, six anneaux ramassés, un semblant de brasse et quelques litres d’eau chlorée avalés, nous voilà sur la route du retour avec Grande Crevette.

Mais c’était sans compter mon amie « la guigne ». Le pneu que je croyais seulement un peu dégonflé le matin n’était pas seulement dégonflé. Le bruit sourd de la jante caressant le bitume se fit entendre rapidement et aucun doute possible, je venais de crever pour la première fois de ma vie… un 14 février… :

« Allô mon chéri… j’ai crevé. Joyeuse Saint Valentin mon cœur ! ».

La roue de secours, cet objet SO romantique…

Au final, nous n’avons pas trouvé meilleure idée que de monter deux pneus été à l’avant en attendant de pouvoir refaire monter deux pneus hiver.

Ils n’annonçaient pas de neige après tout.

DIMANCHE…

Réveil – 6h30.

« Hey les Crevettes, ça pique un peu là pour un lendemain de tartiflette arrosée !!! »

Mais peu importe, aujourd’hui je suis heureuse, je vais « bruncher » à Lyon en bonne compagnie.

oui ce sont des pieds

 

Une sacrée belle journée qui prend fin vers 16h30 car il faut bien regagner ma montagne et que bon, il commence à pleuvoir comme vache qui pisse (ça ils l’avaient annoncé… je crois).

Je vais bien… jusqu’à ce que je reçoive ces SMS après avoir prévenu Papa Crevette que je partais de Lyon (et que accessoirement je m’arrêterai prendre du pain, oui c’est important pour la compréhension).

3… donc il neige… et j’ai des pneus été….

…usés… #DAMNED…

Je vais devoir rentrer sur la neige… avec des pneus lisses : à moi le Trophée ANDROS !

J’arrive à l’endroit critique – là où l’on passe de 420 m d’altitude à plus de 800 m en seulement 2 petits kilomètres…

Je vois apparaitre à la sortie d’un virage un chapelet de voitures cul à cul, feux de détresse allumés. Je n’aperçois pas le bout, je doute qu’il y en ait un…

Je blêmis. J’ai envie de faire pipi. Je ralentis… beaucoup… je m’arrête au cul de la dernière voiture de la file. En 10 min je réalise que je suis au milieu d’un gigantesque bouchon causé par la neige qui tombe en grande quantité depuis le milieu d’après midi.

15 min – 25 min – 30 min… j’ai avancé de 50 mètres. J’ai envoyé un message à Papa Crevette pour lui dire de ne pas m’attendre. Je suis coincée. J’ai envie de pisser. Et je ne pourrais pas prendre du pain. Il est 18h30.

Parfois la file avance de 5 petits mètres. La montée commence à se faire raide et les battements de mon cœur rapides.

Je ne peux plus tenir, il faut que je fasse pipi. Tant pis. Je n’ai aucune solution pour franchir les barrières de sécurité et me cacher. Heureusement la nuit est tombée, j’arrive à me trouver un coin sombre derrière une voiture à l’arrêt dont il a fallu que je prévienne le conducteur (un papi) afin qu’il ne me recule pas dessus… la honte ne tue pas ??? Si seulement j’avais pu prendre sa tête en photo…

OUF – je suis à moitié soulagée – Je regagne ma voiture.

Une voie commence à bouger – je monte – je patine – ça ne monte plus – ça monte – ça ne monte plus – ça fume… STOP on me dit que non, je n’y arriverai pas. On m’invite à m’agglutiner avec tous ces « goujats » non équipés sur la voie de droite de cette 2X de voies complètement bouchée. Je sens que la soirée va être longue. Je « tweete ».

20h… 21h…22h…22h30… après une cinquantaine de quelques tentatives désespérées pour essayer de repartir, je me rends à l’évidence. Je n’ai d’autres solutions que « d’abandonner » ma voiture, trouver quelqu’un pour m’avancer et gérer le rapatriement de mon véhicule. La police passe et me conforte dans ce choix.

Des gens patinent… d’autres essaient de pousser des voitures en difficulté mais se vautrent lamentablement sur le sol glissant… c’est le chaos.

Je regarde mon téléphone et je vois toutes ces notifications Twitter d’appel à l’aide et de soutien à une Crevette coincée dans la neige. Je souris : « Vous êtes merveilleux. »

Je sors de ma voiture et un couple me propose son aide afin de m’amener à quelques kilomètres de chez moi. Je revis !

Entre temps, Papa Crevette a réquisitionné la voisine pour venir surveiller les Crevettes qui dorment depuis déjà un bon moment pendant qu’il vient me récupérer là où le gentil couple m’a déposée.

00h00 – je suis chez moi – je n’ai pas mangé – je suis épuisée nerveusement.

Reste à gérer le rapatriement de la voiture qui gène la circulation et le déneigement. J’appelle mon assurance qui ne peut rien pour moi… puis la gendarmerie qui gère les dépannages sur les voies rapides. Ils me donnent le numéro d’un garagiste à qui je dois laisser mes clés pour qu’il puisse dégager ma voiture. Je note l’efficacité remarquable de leurs services un dimanche en pleine nuit. Respect !

00h30 – je suis dans mon lit mais la nuit sera plutôt mauvaise.

  • Heureusement que j’étais seule en voiture, sans mes Crevettes.
  • Le ridicule ne tue pas. Le coup du pipi c’était « la cerise sur le gâteau ».
  • Ma voisine est formidable.
  • Vous m’avez fait rire et relativiser durant toutes ces heures. Merci Twitter.
  • J’ai quand même eu la question qui tue de la part du gendarme au téléphone : « Votre voiture est dans la Loire ou la Haute-Loire ? » … – « Heu… à peu près à la frontière… désolée ».
  • Merci pour vos SMS et tweets de soutien alors que j’errais dans la nuit, le froid et la neige.
  • Merci à mon Samsung S4 et sa batterie qui a tenu jusqu’à 00h00.
  • Merci à Isa, Laurie et Charles pour la journée.

Et ça, c’est cadeau 😉

Capture

 


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