La Crevette au boulot 16


Il fait froid, j’arrive à 8h08, je devrais déjà être là depuis huit minutes. Je n’y arrive pas, je n’y arrive plus. Bon sang, les Crevettes le matin, ce n’est pas efficace. Ça le ferait certainement si je ne me lavais pas, ne me peignais pas, ne déjeunais pas, ne me maquillais pas, n’avais pas 2 enfants mais avouez que comme ça, je risquerais d’effrayer mes collègues :

AffreuxDonc je finis par arriver à destination, me garer et débouler, fraiche et souriante, dans le hall d’entrée.

– « Bonjour, ça va ? »

Les réponses se suivent diverses et variées

– « Bien, bien » : typique du collègue qui n’a pas envie de s’éterniser, n’est pas bien réveillé ou qui va réellement bien, oui ça arrive.

– « Comme un lundi ! » : valable pour tous les jours de la semaine, le collègue maitrise bien sa réplique et se trompe rarement de jour. Si il commet l’erreur, je cache un petit sourire moqueur et file ricaner un peu plus loin. C’est cette même personne qui le vendredi lancera un – « Ça ira mieux demain ».

– « Non » : sec et en général accompagné d’une gueule de six pieds de long. Le collègue relou, le ronchon, celui que je vais éviter de côtoyer durant la première moitié de matinée au risque qu’il me plombe le moral pour la journée.

– « Bien et toi ? » : la réponse altruiste, celle du collègue qu’on aime bien parce qu’il se soucie, ne serait ce qu’un peu, de son entourage. Celle à laquelle je réponds sans faille : – « Bien, bien, merci » (voir premier point).

Une dizaine de bises et deux serrages de main plus tard (oui j’ai des supérieurs à qui je ne fais la bise qu’une fois par an, pour la bonne année), j’appuie sur le bouton marche de mon ordinateur et m’assois sur cette chaise bon marché. Oui tu sais, cette chaise dont le dos est droit mais trop droit, celle qui te pousse irrémédiablement le nez dans ton clavier.

Je me rends compte qu’il fait également froid à ma place, trop froid. Je me dirige vers le thermostat et le monte à 22°. Il arrive que j’oublie. Auquel cas mes collègues de bureau, au bout d’une demie heure vont me regarder bizarrement et m’interroger : « Tu vas bien ? » (notez la bienveillance).

Nous sommes trois dans mon bureau : deux hommes et moi. Travailler avec des hommes est reposant. Ils ne perdent pas de temps en discussions inutiles, ne laissent pas « pourrir » les problèmes, savent être (bien) lourds et sont toujours partant quand quelqu’un crie « CAFE !!! »

Chacun de mes collègues a sa particularité. Je vais vous dresser un petit panel de ceux que j’ai pu rencontrer. Je pense que vous pourrez retrouver facilement dans ces différentes descriptions un ou une de vos collègues de travail. Pour la simplicité d’écriture j’ai « genré » ces types au masculin mais ils peuvent se décliner en beauté au féminin !

1. Le râleur : Celui qui en toutes circonstances ne sera pas d’accord. Pas d’accord avec le nouveau projet, avec la décision du patron, avec ta nouvelle coupe de cheveux… celui qui ne change pas le rouleau de papier WC ou d’essuie main. JAMAIS !

2. Le beau gosse : Mmmm celui qui te sourit dès ton arrivée dans les locaux avec ses yeux pétillants. Celui qui te ferait baver rater une marche dans les escaliers… mais… mais… qui ne change pas le rouleau d’essuie main !

3. Le « j’ai la plus grosse » : Mais oui, « j’y étais, j’ai tout vu, j’ai tout lu et j’ai tout fait »… Tu n’as pas le temps de finir ton anecdote au café qu’il te coupe pour te conter la sienne (dans le thème quand même) mais beaucoup plus impressionnante, beaucoup plus drôle ou terrifiante.

4. Le pistonné : celui qui dès 8h finalise sa commande « vente privé ». Celui qui part en week end avec la voiture de fonction. Il travaille sous couvert de tous mais finalement personne ne l’envie. Serait-il de la famille ?

5. Le « Radio Cancan » : Si tu veux savoir qui a été élue miss corso lors du week end de la vogue c’est assurément à lui qu’il faut s’adresser. Il ère de bureau en bureau pour informer et être tenu informé de tout. Une valeur sûre pour le journal local (et pour les vendredis après midi quand tu t’ennuies).

6. Le « Cracra » : Celui qui tout l’hiver a la goutte au nez. Celui qui l’été a les auréoles sous les bras (avec l’odeur qui va avec). Celui qui utilise sa bouteille plastique depuis 25 ans (non ce n’est pas un écolo). Celui qui ré ajuste son slip en face de toi pendant qu’il t’explique la nouvelle procédure qualité. Enfin celui qui pisse la porte ouverte !!!

7. Le chef : souvent le vrai, mais le titre peut être convoité par d’autres qui vont savoir déléguer à merveille, te rabaisser dès qu’ils peuvent. Le chef a toujours raison (même quand il a tort). Il a l’immunité absolue (Kho Lanta sort de ce corps).

8. Le parfait : moi, en toute modestie ! 😉

Vue

La vue que j’ai en allant travailler ♥

J’en passe et des meilleurs… je vous fais confiance pour me laisser en commentaire les caractères les plus gratinés que vous avez eu la chance de rencontrer au cours de vos carrières professionnelles.


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16 commentaires sur “La Crevette au boulot

      • Angélique

        Tu ne crois pas si bien dire!!! Je pourrais faire un livre!!! 😉

        Sinon on fait aller, on vient de traverser une épreuve…difficile… mais ça va aller. Merci à toi.

        Ah et puis, je tenais à saluer les incroyables progrès que tu as fait dans ton écriture! Continues comme ça, je prends de plus en plus de plaisir à te lire! 🙂

  • moitoutetrien

    Le confident, celui qui devient un vrai ami.
    Le poignardeur dans le dos, celui qui attend que tu te plantes pr te bouffer, voire qui te jette des peaux de banane si tu te plantes pas assez vite.
    Le jmen foutiste victimisé, qui fout rien, n’est jamais là, ne fais pas son taf qui te retombe alors dessus, mais qui a tjs une bonne excuse passke sa vie elle est trop dure!
    …. Pfiou je bosse dans une grosse boîte 😉

  • Caro

    Hihi hi. .tu as oublié le dépressif. .celui qui arrive à 8h55 et repars à 9h05 (heures fixes ) ou qui téléphone le matin pour poser un jour de congé parce-que lui doit garder son mome ( pas comme si on devait pas planifier sur 6 mois).

  • DIM - Did it myself

    Ceux que j’ai haïs pendant des mois : ceux de la compta, ils se plaignent sans arrêt de faire des heures supplémentaires, de ne pas pouvoir prendre de congés quand ils en ont envie, d’avoir du stress chaque fin de mois. Au final ils arrivent à 9h tous les matins et repartent à 17h30 tous les soirs (18h00 étant les fameuses heures sup’).
    Moi j’ai bossé jusque 23h hier mais ça ne compte pas je ne suis pas de la compta et c’était en fin de mois c’était toute la semaine, je remet ça fin du mois.
    Un jour j’ai blagué avec une dame de la compta (à ne pas faire), ses tampons (cachets) étaient désordonnés sur son bureau. Voici la conversation qui en a suivi :
    – « Cava ? Tu as l’air débordée ma pauvre, je vois que c’est le bazar sur ton bureau. »
    – « Ne m’en parle pas, depuis ce matin je n’ai pas arrêté, je n’ai même pas eu le temps de ranger mes tampons, je ne peux pas travailler comme ça moi. »